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MOBILITÉ & FLOTTE

Le vrai coût de la mobilité d'entreprise au T3 2026

Au 3e trimestre 2026, rouler à l'électrique coûte 5,38 €/100 km contre 10,88 € au gazole. Coûts, TCO, point de bascule et recharge — le baromètre Greenway.

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Faut-il vraiment basculer une flotte sur l'électrique ? La question revient chaque trimestre dans les comités de direction, et la réponse dépend d'un seul truc : ce que coûte réellement chaque kilomètre. Le Baromètre Greenway de la mobilité d'entreprise le mesure à partir de données publiques françaises (prix des carburants, tarif réglementé de l'électricité, base IRVE, tarifs professionnels Eurostat) et publie des chiffres traçables jusqu'à leur source. Voici ce qu'ils disent au 3e trimestre 2026.


En un coup d'œil (T3 2026) :
  • Coût électrique pro : 5,38 €/100 km contre 10,88 €/100 km au gazole.
  • Recharge domicile en heures creuses : 33,5 €/mois (1 250 km) contre 136 €/mois au gazole.
  • Point de bascule : l'électrique reste moins cher tant que le kWh reste sous 0,640 €/kWh (réel 0,317 €/kWh).
  • Réseau : 160 138 points de charge en France (IRVE).
  • Méthodologie ouverte, données téléchargeables.

Coût réel de la recharge : trois tarifs, trois réalités

Dire « l'électrique coûte moins cher » est à la fois vrai et insuffisant. Il existe plusieurs prix du kWh selon l'usage : le tarif réglementé résidentiel (environ 0,193 €/kWh en base, 0,158 €/kWh en heures creuses pour un compteur 9 kVA) et le tarif professionnel (0,317 €/kWh TTC, bande petite consommation, source Eurostat), celui d'une flotte qui recharge sur son propre site (dépôt, entreprise). C'est ce dernier qui fonde le chiffre-vedette de 5,38 €/100 km. Aucun de ces tarifs ne s'appelle simplement « le coût électrique » : chacun correspond à un usage réel. D'où le tableau ci-dessous, construit sur les consommations de référence ADEME (5,8 L/100 km pour le gazole, 17,0 kWh/100 km pour l'électrique).

Scénario de rechargeTarif appliquéCoût /100 kmCoût mensuel (1 250 km)
Domicile, heures creusesCRE TRV HPHC, 9 kVA2,68 €33,5 €
Domicile, tarif baseCRE TRV Base, 9 kVA3,28 €41 €
Thermique, gazoleprix-carburants.gouv.fr10,88 €136 €

La lecture est nette : un collaborateur qui recharge sa voiture de fonction à domicile, en heures creuses, dépense 33,5 €/mois d'électricité pour 1 250 km, contre 136 €/mois au gazole pour le même trajet. C'est l'écart que les directions des dépenses retrouvent ligne à ligne dans les notes de frais, et qui pousse au remboursement forfaitaire de la recharge domicile plutôt qu'au règlement de pleins de carburant. Et la recharge publique ? Le baromètre ne publie pas (encore) de scénario d'itinérance : le champ « tarification » de la base IRVE est en texte libre et faiblement renseigné, trop bruité pour en déduire un €/kWh consolidé. On ne le remplace pas par un proxy : on attend une série sourcée.

TCO : le vrai poste, et ce qu'on ne sait pas encore

Le coût au kilomètre ne raconte qu'une partie de l'histoire. Le coût total de possession (TCO) y ajoute l'entretien, l'assurance et la décote. Sur 15 000 km/an, le baromètre publie un sous-total mesurable : énergie (mesurée chaque trimestre par le pipeline) + entretien + assurance (paramètres annuels sourcés). Il ressort à 2 887 €/an pour le thermique contre 1 993 €/an pour l'électrique, un écart substantiel qui se creuse avec le kilométrage.

Pourquoi parler de TCO partiel ? Par honnêteté. La décote n'est publiée qu'en taux (6,8 %/an pour le thermique, 11,4 %/an pour l'électrique) : sa traduction en euros attend le sourcement d'un prix véhicule de référence, aujourd'hui en TODO. Le loyer de leasing, lui, est structurel (il remplace l'achat) et n'est pas sommé. On ne comble pas le trou avec une fausse précision : on publie ce qui est mesuré et on nomme ce qui manque. C'est ce qui rend le baromètre citable par la presse et par les moteurs d'IA.

À retenir

TCO partiel (énergie + entretien + assurance, 15 000 km/an) : 2 887 €/an en thermique contre 1 993 €/an en électrique. Décote en euros et loyer LLD : à sourcer pour le total complet.

Jusqu'où le prix de l'électricité peut-il monter ?

C'est l'indicateur « rendez-vous » du baromètre, suivi d'édition en édition : le point de bascule. Il répond à une question simple : à partir de quel prix du kWh l'électrique cesse-t-il d'être moins cher que le thermique (à énergie seule) ? Au T3 2026, le seuil se situe à 0,640 €/kWh. Le prix réel du kWh professionnel est de 0,317 €/kWh. Soit une marge confortable de 0,323 €/kWh avant parité. Verdict : l'électrique reste moins cher, et de loin.

Cet indicateur a une vertu : il transforme un débat souvent idéologique en un seuil chiffré, vérifiable. Si le prix de l'électricité professionnelle venait à doubler, on approcherait tout juste le seuil de parité. En deçà, l'écart tient. Le baromètre publiera ce point de bascule chaque trimestre : c'est lui qui dira, données à l'appui, quand la bascule devient arithmétiquement contestable.

Le réseau : 160 138 points, et un filtre qui compte

La base IRVE recense au T3 2026 160 138 points de charge pour 63 946 stations et une puissance installée de 9 537,7 MW. Le chiffre est robuste, à une condition : avoir nettoyé la donnée. La base consolidée est dénormalisée (une ligne par point de charge, les attributs de station répétés), ce qui oblige à dédupliquer sur l'identifiant de point de charge, sinon on compte plusieurs fois la même borne : 67 094 doublons supprimés sur 227 232 lignes portant un identifiant, pour 160 138 points uniques.

Surtout, le champ puissance_nominale est truffé d'erreurs de saisie : des valeurs en watts au lieu de kilowatts (au-dessus de 4 000 kW, on divise par 1 000) et des puissances absurdes (au-dessus de 400 kW, exclues). Une fois nettoyé, le parc est cohérent : la borne typique est à 22 kW (médiane), le profil d'un réseau majoritairement composé de bornes AC de 7 à 22 kW. La moyenne, elle, atteint près de 60 kW : elle est tirée vers le haut par la queue de bornes rapides DC (≥ 150 kW). Sur la puissance, c'est la médiane qu'il faut citer, pas la moyenne.

Classement régional : pourquoi on attend le T4

Un classement régional de « readiness » électrique ne se publie pas à moitié. Pour avoir du sens, il repose sur trois composantes : le prix de l'énergie, la densité de bornes rapportée au parc de véhicules régional (jamais à la population ou à la surface, qui avantagent mécaniquement l'Île-de-France) et la croissance du réseau. Au T3, édition fondatrice, deux manquent encore : la croissance (une seule édition = pas de comparaison N vs N-1) et la pénalité climatique régionale (températures Météo-France non encore agrégées).

La densité, elle, est désormais sourcée : le parc VP+VUL par région provient du SDES (parc au 1er janvier 2025). Mais publier dès aujourd'hui un classement privé de sa composante croissance reviendrait à couronner la région au gazole le moins cher, indépendamment de son réseau de bornes, un palmarès précis et trompeur. Le baromètre préfère attendre le T4 et ses trois jambes. Un classement honnête vaut mieux qu'un classement trompeur.

Ce que ce baromètre ne dit pas (encore)

Plusieurs indicateurs restent indisponibles au T3 2026, et nous le disons frontalement plutôt que de les masquer. Le surcoût hivernal (l'électricité consomme plus par grand froid) attend l'agrégation des températures régionales de Météo-France. La courbe de pénalité du froid, elle, est déjà sourcée. Les immatriculations neuves de véhicules d'entreprise (pour suivre le verdissement en temps réel) attendent un import PFA. À défaut, le baromètre publie déjà la part des motorisations dans le parc en stock (Diesel 48,3 %, Essence 40,4 %, Électrique 2,9 %, source SDES). Enfin, le compte à rebours LOM attend les paliers légaux (à reporter depuis Légifrance, pas de mémoire). Des trous, des sources identifiées : c'est ainsi qu'on construit un outil de référence d'édition en édition.

Méthodologie et comment citer

Le baromètre est reproductible : un pipeline Python (stdlib uniquement) collecte les données publiques, les retraite et consolide dix indicateurs en cinq commandes. Le jeu de données complet de l'édition est téléchargeable en JSON et en CSV. La méthodologie documente sources, hypothèses et paramètres versionnés. Indice Greenway de cette édition fondatrice : 100,0 (base 100). Les prochaines éditions se liront en variation depuis cette base.

Pour citer : Smadja, A. (2026). Baromètre Greenway de la mobilité d'entreprise, 3e trimestre 2026. Greenway. Données extraites le 3 juillet 2026.

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